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Mario Peluso
En huit ans, celui qui dont les chansons ont été portées sur les ondes par les voix d'Isabelle Boulay, Laurence Jalbert et de Véronic DiCaire entre autres, compte lui-même six albums à son actif, ce qui s'avère un excellent bilan pour un auteur-compositeur relativement discret. Sous des dehors de folk-rock à l'américaine, sonorité de l'harmonica à l'appui, les chansons de Mario Peluso sont profondément ancrées dans son coin de pays, le Témiscamingue. Après avoir émigré à Rouyn et y avoir occupé ses premiers emplois, ce n'est qu'à l'âge de dix-sept ans, à la fin des années soixante-dix, qu'il s'intéresse à la guitare. Incidemment, un célèbre voisin, l'auteur-compositeur-interprète ontarien Neil Young vient alors de réaliser l’album "Rust Never Sleeps" et ce 33 tours est la première acquisition à garnir la discothèque personnelle du jeune musicien.

Son intérêt devient bien vite une véritable passion et Mario compose bientôt ses premières oeuvres. Il projette même d’en faire un premier disque. Ce n'est cependant qu'au début de la décennie quatre-vingt-dix, suite à son arrivée à Montréal, que la maison Traffic s'intéresse à ses chansons et s'apprête à lui ouvrir ses portes... juste avant de les fermer! Qu'à cela ne tienne, l'artisan ira tester ses compositions dans le métro et finira par se voir décerner au début juin 1997, après avoir surclassé 900 concurrents potentiels, 362 démos, 60 artistes présélectionnés et finalement 35 autres participants, le prix Hydro-Québec réservé à la Chanson de l'année au concours Ma première Place-des-Arts, mis de l'avant par la SACEF. La chanson lauréate porte le titre "Je t'appelle"; le texte est signé Sophie Boissonneault et la musique est de Mario Peluso.

Le nom de Peluso devient le secret le moins bien gardé de la scène musicale montréalaise. La maison BMG Québec se montre intéressée. Les interprètes également. Tout en préparant l'enregistrement de son futur album, il collabore à deux oeuvres qu'on retrouve bientôt chantées par Isabelle Boulay sur "États d'amour" au printemps 1998. Les textes auxquels il marie ici son inspiration sont l'oeuvre de Christian Mistral pour "La lune" et de Cébastien pour "J'ai mal à l'amour". À quelques semaines d'intervalle, paraît son propre DC "Malgré tout". À peine quelques jours après le lancement, il participe aux FrancoFolies de Montréal avant d'entreprendre une première tournée québécoise en première partie de Laurence Jalbert. Qu'elles traitent de son pays d'origine comme "Dans mon village", "Témiscaming'" ou la très jouissive "Le Fish Creek", qu'elles évoquent un séjour sur la Côte-Nord "Je t'appelle" ou bien sa seconde patrie "Saint-Thimothée/Ontario", les chansons de Mario Peluso rejoignent le coeur nomade de chacun. On n'est guère surpris que "Malgré tout" remporte quelques mois plus tard le prix Québec/Wallonie-Bruxelles du Disque de l'année.

Sur cette lancée, le chanteur et compositeur entreprend la préparation d'un deuxième disque sitôt la tournée terminée. Les changements internes dans les politiques de la maison de production viennent contrecarrer ses plans et le nouvel enregistrement ne voit pas le jour. Après d'âpres discussions, le jeune homme change de maison de disques puis rejoint Les Impresarii. Son deuxième ouvrage est prêt à être mis en marché pour mai 2000. Bien que musicalement plus éclectique, le jeune chansonnier demeure fidèle à lui-même et continue de peindre ses états d'âmes de Québécois errant, que l'on devine dans "Sainte-Félicité", "La clé des champs" et "En pleine noirceur" (adaptation de "In The Dark", un de ses premiers textes composés originellement en anglais et traduit par Christian Mistral). Certaines de ses nouvelles oeuvres présentent une dimension tragique plus prononcée comme la très urbaine "Hochelaga" et l'épique "C.I.P." qui fait bientôt l'objet d'un vidéoclip.

La nouvelle décennie le trouve à nouveau en migration, se liant quelque temps à la maison Atlantis pour un troisième album "Au Café des écorchés" avant de s'investir dans une nouvelle expérience indépendante. Ainsi paraît, au printemps 2004, "One Beautiful Day" dont toutes les chansons sont dans la langue de Dylan... ou de Young! Entre temps il aura procuré un nouveau succès à Laurence Jalbert, soit la chanson "Je m'ennuie de chez nous". Celle-ci marque une première collaboration avec François Vigneault, fils de Gilles, qui se continue depuis. Le tandem est en effet à la source du plus récent Peluso, "Minuit -5" lancé en mai 2006.

Si la mélancolie semble le moteur de ce nouveau recueil, avec des titres comme "Chanson pour mon père", "Rien ne sert", "Les yeux du temps" en plus de la reprise de "Je m'ennuie de chez nous", c'est que l'album est dédié aux parents de l'artiste que l'on imagine déjà absents ou vieillissants. Cette nostalgie n'est cependant pas dépourvue d'attraits. Outre la présence réconfortante de la guitare acoustique et du violoncelle, plusieurs titres bénéficient des sonorités spacieuses du lapsteel ou de la dobro de Pierre Lavoie ou des voix féminines de Sarah Dugas et Annick Brémault du groupe Madrigaïa. Sans oublier le touchant duo réunissant Mario et Catherine Durand dans "La neige nue", titre déjà au répertoire de Véronic DiCaire et un des beaux moments de l'album.

Les 653 kilomètres qui séparent le Témiscamingue de Montréal n’auront jamais engendré d’aussi beau rêveur que Mario Peluso. Quinze ans après avoir effectué le trajet initial, la route, dans son sens propre et figuré, se veut toujours l´élément central de son oeuvre, comme on le constate avec son nouvel album Juste un autre beau rêveur.

Comme l’avouera son auteur, l’album de douze titres, enregistré au studio Frisson comme les cinq précédents avec la même technologie analogue, a été conçu comme un « album de char, de chemins de gravelle ». On reste ici dans le son roots-vintage du country-folk qu’il affectionne depuis ses débuts. Son premier extrait, Partir, lui donne bien le ton, avec ses accents d’harmonica et son langoureux solo de guitare. Mario Peluso fait dans ce que l’on pourrait appeler la « composition durable »; après tout, plusieurs artistes ont interprété ses chansons avec bonheur et succès, tels que Richard Desjardins, Renée Martel, Isabelle Boulay, Véronique Dicaire, Laurence Jalbert et Zachary Richard.

Le son country-folk qui est cher à Mario Peluso depuis ses débuts semble connaître actuellement un essor sans précédent au Québec. La presse lui reconnaît d’ailleurs une influence indéniable auprès de cette nouvelle génération de musiciens, dont font partie les formations Tire le Coyote, Avec Pas d’casque ou Les soeurs Boulay.

La parution de ce sixième album couronne une période particulièrement laborieuse pour l’auteur-compositeur-interprète. « Si j’avais à mourir demain, je sais que je n’aurai pas raté ma vie », explique Mario, fier de son travail d’artisan. La chanson Elle et lui revêt une importance particulière, avec la mention « d’étoiles filantes » dont certaines qu’il a connues personnellement.

Juste un autre beau rêveur précise et confirme ce que l’on savait déjà de Mario Peluso: entre l’ombre et la lumière, ses compositions évoquent la finesse du détail, une émotivité touchante, une sonorité incomparable, un talent unique.

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